Je connaissais déjà l'obligation faite aux opérateurs (de téléphonie notamment) de contrôler complètement leur canaux de communication, pour permettre p.ex. les écoutes. Au passage, ces opérateurs facturent ces services à prix d'or, puisque l'Etat (nous donc) peut payer.

Cette fois-ci, l'Etat imposerait aux acteurs du web l'archivage de tout ce qui peut être tracé, à leurs propres frais. Au delà de l'impossibilité technique apparente, le coût de stockage d'une telle quantité de données peut plomber bon nombre de sociétés du net. Pour quel résultat ?

Si l'objectif annoncé est de lutter contre le terrorisme et les activités illégales (pédophilie, apologies douteuses etc...) on peut douter du résultat obtenu ainsi que de la manière. En effet, si pour protéger nos valeurs et nos libertés, il faut supprimer ces libertés, alors nous avons bel et bien perdu nos valeurs. Un peu comme la quinzaine d'abrutis du 11/09 emmerdent les millions de voyageurs aériens du monde qui subissent des contrôles délirants au nom de la sécurité et de façon durable. N'est-ce pas là justement la réussite du terrorisme ? Le rôle des renseignements n'est-il pas justement de trier et d'analyser l'information transitant librement? S'ils nous imposent un contrôle connu de tous, quelle valeur auront alors les informations transitant en France? A peu près aucune valeur stratégique. Cette méthode de traçage n'est-elle pas en soit un aveu d'échec de leur part? Là aussi un exemple frappant est la limitation légale des clefs de cryptage à 128bits, pour être sur que nos services secrets puissent les casser. (cf. Digital Fortress - Forteresse Digitale, Dan Brown, 1998) Heureusement que les criminels respectent la loi, sinon on serait mal...

Quant au résultat, il est évident que n'importe quel internaute éveillé aux technologies de l'information pourra passer outre ces contrôles et les seuls pénalisés seront naturellement les paisibles internautes qui verront leur liberté d'expression et de communication annulée.

Cela dit, il est nécessaire de contrôler les propos échangés sur le net. Il existe trop d'immondices, de haine, de violence et de danger pour ne pas contrôler un minimum ce qui s'y passe. Encore une fois, c'est la méthode qui est mauvaise. Je suis personnellement d'avis qu'on peut ne pas faire tout blanc ou tout noir. On a de la chance en France d'avoir des gens relativement responsables, on vient de le voir avec le non-évènement qu'est le divulgation des tendances de vote du premier tour. Les fuites venant des sites étrangers... Les media français ont (à ma connaissance) tous modéré leurs supports, ce qui est généralement le cas d'ordinaire également. Les contrevenants sont souvent vite repérés et fermés le cas échéant.

Un bémol cependant, l'article du monde est écrit par M. Janet, président du Groupement des éditeurs de sites en ligne (Geste) et donc défendrait des intérêts un peu différents des internautes. A voir s'ils ne cherchent pas à nous manipuler dans l'autre sens.

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